13 avril 2018

Café Lai'tacha, le traiteur gastro franco-taïwanais

A s'en lai'tcher les doigts?



On pourrait l'appeler la Dame de Taïwan, Adeline Grattard, récemment étoilée pour son resto de Bao, vient d'ouvrir une nouvelle adresse franco-taiwanaise détonnante (je vous refais pas le coup de l'Asie-mutée).



Traiteur, gastro, resto, tapas, café, fusion, classe, salon de thé chinois tout à la fois! 



Si la cuisine chinoise se résume aux adresses du 13e, alors préparez-vous à un "sacré" changement.
Déjà cela ne ressemble pas à un restaurant... mais à une chapelle design. L'agence qui a réalisé le décor a mis les petits plats dans les grands bacs. Place au volume, physique (visez la hauteur de plafond et la mezzanine) et sonore (musique techno-cool).




Un (trop?) long comptoir fait face à une tablette de même taille en mange-debout. Trop long, comme mes articles, parce que la vente à emporter ne remporte pas le succès escompté, par rapport au service à table. En France, on est street food assis....!
Et bien que le confort ne soit pas au top, à cause des bancs à partager plutôt glissants, l'atmosphère est paisible et relax. Et le service attentif.



De toutes façons, la cérémonie est dans l'assiette. La chef est elle-même présente, pour expliquer et écouter.
La cuisine se présente comme une relecture des classiques des 2 côtés de l'amer, tu-m'étonnes. Le meilleur des 2 mondes? La puissance des assaisonnements et des épices asiatiques, les cuissons taiwainaises (fritures), la recherche d'équilibre et l'art des sauces à la française.

La partie traiteur, qui a récemment changé.
Des portions individuelles on est passé au poids
Le tiramisu en 1er plan

Au choix, les 2 formules à emporter que l'on peut consommer sur la tablette; ou la carte de saison à prendre en salle (+ 1 menu 5 portions à 40€). Grand écart! En fait, une très bonne idée qui permet de gérer son budget.
J'ai tasté les 2 en 2 fois - chacun ses limites.

A emporter
Congee, porc frit sauce sweet'n sour, café la tcha, riz gluant mangue (15€ + 4€  de supp dessert) 

Congee!

Cette fameuse soupe, dont le nom change selon les pays, est un régal. Souvent dénommée  "porridge de riz" et équivalent de notre bouillon de poule/vermicelles des jours de rhume. Texture parfaite, liquide et collante. Bouillon de volaille fumé pour apporter du caractère et évoquer l'Asie, des herbes et des fruits à coque.


Le porc frit en goguette faisait la coquette dans son manteau de panure hyper croustillante et ferme (un poil sèche). Les bijoux étaient constitués par les aromates. Seul le riz manquait de caractère, mais paraît-il qu'il va changer.


En revanche, il était parfait en dessert, gluant à souhait, avec des morceaux de mangue parfaitement fraîche, et un jus de coco pour plus de gourmandise.



A table
2 tapas seulement pour contrôler la note, plus 1 dessert à emporter.
Asperges pamplemousse, Joue de bœuf à la sichuanaise, tiramisu jasmin chocolat

Une belle démonstration du savoir-faire d'Adeline Grattard en terme d'équilibre, de technique et de maîtrise des associations.


La double acidité du pamplemousse mariné et de la vinaigrette au balsamique blanc contre-balancée par la douceur des têtes d'asperges extrêmement tendres. Les fleurs de souci pour le dressage soigné.


Le plat a constitué l'acmé. Un jus de folie! Une réduction de bouillon de bœuf, comme on en trouve dans les grands restaurants, mariée au poivre de Sichuan, baie, épices et piment sans que l'une emporte sur l'autre. Normalement, on trempe le riz dedans, en guise de pain mais vu mon 1er repas, je m'en suis passé. Tellement bon que je l'ai bu! Comme un goujat. Quelle honte.
Les morceaux de viande étaient nombreux, parfaitement cuits, et archi-fondant. Je lui ai tendu l'autre joue!


Quant au tiramisu, l'accord jasmin chocolat fonctionne à merveille. Toujours parfaitement dosé. Bien infusé dans un crémeux assez riche et onctueux.


Parmi les multiples intérêts du lieu, le thé trône en bonne place, comme l'église au centre du village.
Sélection de thés de dégustation, la spécialité de son conjoint et partenaire. Et du café de qualité, par le toujours excellent torréfacteur KB.
La cerise du coin, le laitcha, est à taster au moins une fois dans sa vie. Une boisson réputé à Hong-Kong également. Du thé noir additionné d'un mélange de lait concentré, allégé en sucre. Pour la version café, la boisson est affinée (blend spécial), presque élégant, où le café joue le rôle d'agent double et de faire valoir.



Sacrée adresse qui va vous faire entrer dans la secte des addicts de la papesse de l'accord Taïwan France. Au prix d'un amendement conséquent et à la faveur d'une bourse d'échange.

Soit vous ne jurez que par les bouibouis, cantines sans façons et sans chichis ou l'on mange sur la tête de son voisin, où l'on garde les odeurs du repas sur ces vêtement au moins un jour ou deux.
Soit vous reconnaissez la possibilité d'une île, de France, ou de Taïwan, voire d'un pont entre des rives et dérives. A des tarifs inconnus à cette adresse. Avec une ambition culinaire et un résultat à la hauteur, même si le challenge est à renouveler à chaque plat.
Dans le 1er cas, vous crierez au scandale, en ne retenant que la taille des portions et l'absence de piquant.
Dans le 2e, vous accéderez au saint des saints, ou au sain dessin du projet, une messe en l'honneur de la délicatesse et de la finesse d'accords justes et polyphoniques.
Amen (le plat)! Pour avoir le bowl et l'argent de l'obole.



Café Lai'tcha

7, rue du Jour, 75001 Paris
Tél 01 40 26 05 05
Métro: Les Halles, Etienne Marcel


Tapas froides 6€ à 14€; chaudes 10€ à 14€; dessert 4€ à 9€
Formules à emporter 15€ & 20€
LaïTcha tradi, Thé du jour, café filtre, café laïtcha 6€
Menu 5 tapas + riz 40€
Vous pouvez lire aussi l'excellent article de Fulguropain, qui a découvert l'adresse

Chapelle?
1ere visite: vente à la part
L'ancien bar à entrée
L a formule sur place à 15€

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